Le sol de Rubaya, dans le Masisi, vient de se transformer en un tombeau béant pour des centaines de Congolais. Si l’on pointe du doigt les pluies diluviennes, ne nous y trompons pas : la véritable cause de cet effondrement n’est pas météorologique, elle est prédatrice. La tragédie de Rubaya est l’expression la plus brutale et la plus « inecusable » du prix humain payé pour l’appétit insatiable de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23, sous la direction stratégique de Kigali.
Le masque de la rébellion tombe dans la boue
Pendant des mois, l’AFC/M23 a tenté de vendre à la communauté internationale le récit d’une « lutte politique » pour la protection des minorités ou la bonne gouvernance. Mais les décombres de Rubaya hurlent une autre vérité. En occupant ces zones stratégiques, la coalition rebelle n’a pas apporté la libération, elle a instauré un système d’extraction forcenée.
Dans ces mines artisanales, les conditions de sécurité sont inexistantes car le temps presse : il faut extraire le maximum de coltan et de cassitérite avant que les lignes de front ne bougent ou que la pression diplomatique ne s’intensifie.Ce n’est pas une guerre de libération, c’est un hold-up géologique.
Les rebelles et leurs parrains ne voient pas des citoyens à protéger, mais une main-d’œuvre sacrifiable au service d’une chaîne d’approvisionnement illégale qui alimente les marchés mondiaux via le Rwanda. Déjà , le récent aveu du Rwanda, admettant désormais ouvertement sa collaboration avec l’AFC/M23, lève les derniers doutes. Cette « agression » n’est plus une théorie, c’est un fait géopolitique documenté.
Le déclic populaire : « Trop, c’est trop »
Mais quelque chose a changé ce 2 février 2026. L’ampleur du désastre de Rubaya plus de 200 morts selon les premières estimations provoque un déclic sans précédent au sein de l’opinion publique. La population congolaise, de Kinshasa à Goma, ne voit plus seulement le M23 comme un groupe armé, mais comme un syndicat de crime organisé dont l’existence même est incompatible avec la vie humaine.
Ce drame cristallise la colère. Il ne s’agit plus de débats stériles sur des accords de paix souvent violés, mais de la survie physique des Congolais. Le peuple comprend que chaque colline occupée par l’AFC/M23 n’est pas un territoire conquis pour une cause, mais un site de pillage où le travailleur est moins précieux que la pierre qu’il extrait.Le réveil de la conscience populaire est en marche.
L’appétit minier de l’AFC/M23 et de ses alliés a fini par dévorer la légitimité qu’ils prétendaient avoir. Aujourd’hui, Rubaya ne pleure pas seulement ses morts, elle dénonce ses bourreaux.
Danny Ngubaa Yambushi


