Un nouveau souffle d’espoir traverse les rangs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Le lundi 4 août 2025, deux figures majeures du parti présidentiel, Augustin Kabuya et Déo Bizibu, se sont rencontrées à l’initiative du Dr Eteni Longondo, ancien ministre de la Santé, dans une tentative de réconciliation. Objectif : mettre un terme à une querelle fratricide qui déchire le parti depuis plusieurs mois — un conflit dont l’intensité a culminé avec des violences, allant jusqu’à causer une perte en vies humaines.
Cette démarche, saluée par certains comme une avancée vers la cohésion interne, suscite néanmoins un scepticisme ambiant, notamment en raison des échecs des précédentes tentatives de médiation, y compris celles pilotées par le président Félix Tshisekedi, autorité morale de l’UDPS.
Pour de nombreux observateurs, cette crise prolongée nuit gravement non seulement à l’image du parti, mais également à celle du Chef de l’État, perçu comme impuissant face à la dérive de sa propre formation politique. À un moment où la République Démocratique du Congo fait face à d’importants défis sécuritaires, économiques et sociaux, le parti au pouvoir offre l’image d’un navire à la dérive, miné par les querelles de leadership.
Les analystes sont unanimes : tant que les statuts du parti ne seront pas rigoureusement appliqués et qu’une direction claire, légitime et reconnue de tous ne sera pas établie, les divisions risquent de s’enraciner davantage. Pire encore, cette instabilité interne pourrait éroder la crédibilité de l’UDPS auprès de l’opinion publique, à la veille d’échéances politiques majeures.
La tentative de médiation portée par le Dr Longondo est donc perçue comme un signal fort, mais qui ne portera ses fruits que si elle s’inscrit dans une volonté réelle de réforme et de dialogue sincère.
Fille aînée de l’opposition historique, l’UDPS est attendue au tournant par ses militants, ses sympathisants, mais aussi par l’ensemble de la classe politique. Une réconciliation durable entre Kabuya et Bizibu pourrait constituer une leçon de démocratie interne et montrer que le parti présidentiel reste capable de surmonter ses crises par la voie du dialogue — à l’image des valeurs de lutte et de justice qu’il a toujours revendiquées.
Mais en l’absence de volonté réelle de transformation, cette rencontre pourrait n’être qu’un épisode de plus dans le feuilleton sans fin des tensions internes à l’UDPS.
Elrick Elesse


