Les tensions s’intensifient dans la ville d’Uvira, paralysée depuis début septembre par des actions des groupes Wazalendo, censés appuyer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) face à la rébellion de l’AFC/M23. Ces derniers contestent la présence du général Olivier Gasita Mukunda, commandant adjoint de la 33ᵉ région militaire en charge des opérations et renseignements depuis janvier.
Les Wazalendo accusent le général Gasita d’être un agent double au service des rebelles de l’AFC/M23. Ils l’accusent notamment d’avoir facilité la chute de Bukavu en février dernier. Ces accusations sont fermement rejetées par les FARDC. « Gasita n’a jamais été à Bunagana, ni à Rutshuru, ni à Masisi. Dire qu’il est responsable de ces défaites est un mensonge. Ce n’est pas digne d’un homme d’État de tenir de telles accusations », a réagi le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, ce samedi 6 septembre.
Sylvain Ekenge a appelé les Wazalendo à la retenue et à privilégier l’unité nationale. « Nous poursuivons les mêmes objectifs : défendre l’intégrité de notre territoire. Nous demandons aux compatriotes Wazalendo de mettre de l’eau dans leur vin, de ne pas créer de divisions. Les problèmes entre nous ne profiteront qu’à l’ennemi. » Le porte-parole a précisé que des réunions sont organisées chaque jour pour tenter de résoudre la crise à Uvira.
Ces tensions illustrent les relations fragiles entre l’armée congolaise et ses supplétifs Wazalendo. Depuis la perte de Bukavu face à l’AFC/M23, les rivalités internes s’accentuent, compliquant les efforts militaires et diplomatiques. Malgré les initiatives en cours, la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu reste précaire et les divisions internes menacent de profiter à l’ennemi rwandais, selon Kinshasa.


