Ce jeudi restera gravé dans l’histoire politique congolaise comme le jour où Vital Kamerhe a, pour la deuxième fois de sa carrière, quitté le perchoir de l’Assemblée nationale. Dans une atmosphère à la fois solennelle et émotive, il a remis officiellement le marteau symbolique de la présidence de la deuxième institution du pays à Jean-Claude Tshilumbayi, appelé à assurer l’intérim conformément au règlement intérieur.
Dans son adresse, l’ancien président de l’Assemblée nationale a choisi la voie de l’apaisement et de la grandeur. Avec un esprit de fair-play rare dans les arènes politiques, il a encouragé son successeur à garder le cap de la République : « La République passe avant tout », a-t-il lancé, rappelant que les hommes passent mais que les institutions demeurent. Par ces mots, Kamerhe a scellé son départ non pas comme une défaite, mais comme une nouvelle démonstration de son attachement profond aux valeurs démocratiques et à la stabilité institutionnelle.
Prenant la parole, Jean-Claude Tshilumbayi a salué la rigueur et la technicité de son prédécesseur. Il a promis de préserver son image et de poursuivre, dans la même ligne, le travail parlementaire sous le sceau des valeurs démocratiques. Ce passage de flambeau, empreint de respect mutuel, illustre la maturité d’une démocratie en construction, où les rivalités cèdent la place à la reconnaissance et au devoir républicain.
Si Vital Kamerhe quitte le perchoir, son nom demeure intimement lié à l’histoire récente du Parlement congolais. Architecte de compromis, orateur redouté et stratège politique aguerri, il aura marqué son passage par un style unique, mélange d’autorité et de pragmatisme. Son départ ouvre une nouvelle étape, mais ne sonne pas la fin de son influence.
Dans l’attente des élections qui permettront de remplacer les membres du Bureau déchus par pétitions, la Chambre basse s’engage dans une phase délicate. L’Union sacrée, majoritaire mais traversée par des tensions, est mise à l’épreuve de la cohésion et du leadership. Mais, en ce jour, l’attention s’est concentrée sur l’élégance d’un départ et sur l’hommage rendu à un homme qui, une fois de plus, a démontré que la République est plus grande que les ambitions personnelles.
C.I.M


