Au lendemain du coup d’envoi officiel donné le mardi 1er septembre 2026 par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, le bilan des premières heures de classe sur l’ensemble du territoire national révèle un paysage contrasté. Si la capitale Kinshasa affiche un retour progressif sur les bancs de l’école, les provinces accusent le coup entre doutes des parents, absenthéisme et grogne sociale.
Mbandaka sous tension : marche dispersée et débrayage
C’est à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur, que le climat s’est le plus assombri dès le premier jour. Alors qu’ils entendaient exprimer pacifiquement leur mécontentement dans la rue, des enseignants grévistes ont vu leur rassemblement dispersé par les forces de l’ordre. Au cœur des revendications figurent l’amélioration des conditions salariales, le paiement des arriérés d’impayés et la prise en compte des professionnels « non payés » (NP).
Face à l’interdiction de leur manifestation, les professionnels de la craie ont durci le ton en appelant à la poursuite du mouvement de grève à domicile. Résultat : dans plusieurs établissements de la ville, les salles de classe sont restées désespérément vides d’enseignants, paralysant de fait le démarrage de l’année scolaire.
Une rentrée timide au cœur de l’arrière-pays
Dans plusieurs autres provinces, la rentrée ne s’est pas heurtée à des tirs de sommation, mais à un ennemi tout aussi redoutable pour le système éducatif : l’absentéisme des élèves. À l’instar du Kongo-Central ou des régions de l’Est, la reprise des cours demeure très timide. À l’EP1 INERA Mvuazi de Mbanza-Ngungu, par exemple, à peine neuf élèves ont franchi le portail sur plus de 250 attendus.
Ce retard à l’allumage est une constante que de nombreux acteurs attribuent à des facteurs socio-économiques prévisibles : précarité des ménages peinant à réunir les fournitures scolaires, incertitudes sécuritaires dans les zones d’instabilité, ou tout simplement l’habitude bien ancrée chez certains parents d’attendre la deuxième semaine pour envoyer leurs enfants en classe.
Le défi des réformes face à la réalité du terrain
Pour le gouvernement central, qui vise un saut qualitatif à travers les réformes de l’apprentissage et le suivi strict du calendrier officiel, ces disparités provinciales rappellent l’ampleur des défis logistiques et sociaux. Alors qu’une première évaluation de la grève est attendue dans deux semaines à l’Équateur, les autorités éducatives locales multiplient les appels auprès des parents et des syndicats pour éviter une année scolaire à deux vitesses entre la capitale et l’arrière-pays.
DNY


