La gratuité de l’enseignement primaire demeure l’une des réformes majeures de ces dernières années. Elle a permis à de nombreux enfants d’accéder à l’école ou d’y rester, en réduisant une partie du poids financier supporté directement par les familles. Mais cette démocratisation de l’accès crée une nouvelle exigence : l’école gratuite doit aussi être une école de qualité. Le risque serait de réussir l’accès sans réussir les apprentissages.
Plus d’élèves dans les salles de classe, mais des classes surchargées. Plus d’enfants scolarisés, mais des enseignants insuffisamment accompagnés. Plus d’écoles fréquentées, mais des infrastructures qui ne suivent pas. La gratuité ne peut donc être évaluée uniquement par le nombre d’enfants inscrits. Elle doit aussi être mesurée à travers la capacité à lire, écrire, compter, raisonner et poursuivre une formation dans de bonnes conditions.
Le niveau des élèves : l’autre urgence silencieuse. C’est probablement l’un des sujets les moins visibles de la rentrée, mais l’un des plus importants : qu’apprennent réellement les enfants à l’école ? Un système éducatif ne peut être jugé uniquement par ses infrastructures ou ses statistiques de fréquentation. Il doit aussi être évalué à l’aune des compétences acquises.
Lecture, compréhension, expression, calcul, raisonnement, culture scientifique et numérique : ces fondamentaux déterminent la capacité d’un enfant à poursuivre sa scolarité et, demain, à s’insérer dans la vie professionnelle. La question du niveau scolaire impose donc de renforcer l’évaluation des apprentissages, l’accompagnement pédagogique des enseignants et la formation continue. Il ne suffit plus de faire passer l’élève d’une classe à l’autre. Il faut s’assurer qu’il progresse réellement.
D’un côté, une volonté politique affichée : gratuité, élargissement de l’accès, assainissement du système, mobilisation budgétaire et volonté de stabiliser le corps enseignant. De l’autre, une réalité encore marquée par les disparités : infrastructures inégales, difficultés des enseignants, zones de conflit, crises sanitaires, classes surchargées et niveaux d’apprentissage variables.
Junior Kulele


