L’image restera comme l’un des symboles forts de cette séquence politique. Ce samedi 21 mars, lors de la plénière au Sénat à Kinshasa, Modeste Bahati Lukwebo a fait une apparition remarquée… assis désormais parmi les siens, dans les rangs ordinaires des sénateurs. Un changement de posture qui en dit long : en quelques jours, l’ancien deuxième vice-président du Sénat est passé du perchoir à un siège classique, au moment même où un rapport le concernant était inscrit à l’ordre du jour.
Au cœur de cette évolution, la commission spéciale chargée d’examiner la pétition visant sa déchéance a officiellement clôturé ses travaux. Dans son rapport transmis au Bureau du Sénat, elle acte une évidence politique : la démission du concerné rend désormais sans objet toute poursuite de la procédure. S’appuyant sur les correspondances officielles reçues le 18 mars, la commission dirigée notamment par les sénateurs Gabriel Bolenge et Cédrick Ngindu indique avoir pris acte de cette décision avant de mettre fin à sa mission.
Autre élément révélé : le nombre réel de signataires. Contrairement aux 83 signatures initialement évoquées par Dany Kabongo, initiateur de la pétition, le rapport en comptabilise 71. Un chiffre néanmoins suffisant pour déclencher la mise en place de la commission, conformément au règlement intérieur du Sénat. Tout s’est joué en moins d’une semaine. Déposée le 16 mars, la pétition pour « incompétence » a conduit à l’installation d’une commission spéciale dès le 18 mars. Le même jour, Bahati Lukwebo choisissait de démissionner, coupant court à une confrontation politique qui s’annonçait tendue.
Mais au-delà des procédures, c’est bien l’image de ce 21 mars qui marque les esprits : celle d’un ancien membre du Bureau redevenu simple sénateur, présent, silencieux, mais au cœur de toutes les attentions. Entre symbole d’apaisement institutionnel et illustration des rapports de force internes, cette séquence révèle une chose : au Sénat congolais, les équilibres peuvent basculer vite… mais les messages politiques, eux, restent durables.
Junior Kulele


