Sans éclat ni véritable suspense, la chambre haute du Parlement congolais a tourné une page importante de son histoire institutionnelle. Ce vendredi 3 avril, Norbert Basengezi Katintima a été porté au poste de deuxième vice-président du Sénat, consacrant une succession déjà largement annoncée. Le verdict des urnes n’a laissé place à aucune ambiguïté. Avec 87 voix pour, contre 5 et 3 bulletins nuls, le candidat de l’Union sacrée de la Nation (USN) a été confortablement élu, selon les résultats proclamés par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.
Seul en lice au moment du vote, Norbert Basengezi Katintima s’impose ainsi comme une évidence politique dans un processus largement maîtrisé en amont. Ancien cadre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et élu du Sud-Kivu, Norbert Basengezi a été désigné pour représenter la majorité présidentielle au sein du bureau du Sénat. Son investiture s’inscrit dans la logique de consolidation de l’USN, plateforme politique soutenue par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. C’est d’ailleurs à l’issue d’un processus interne de sélection que sa candidature a été retenue, écartant progressivement toute concurrence.
Au départ, plusieurs prétendants s’étaient positionnés. Mais au fil des arbitrages politiques, la voie s’est dégagée pour un seul homme. La sénatrice Françoise Bemba Ndokwa, issue du Mouvement de libération du Congo (MLC), a vu sa candidature retirée par sa formation politique. Quant à Mariane Bakiele, elle a finalement jeté l’éponge à la veille du scrutin, invoquant la discipline de parti et le respect des orientations de l’USN. Ces retraits successifs ont fait de Basengezi le candidat unique, validé par la commission spéciale dirigée par le sénateur Gabriel Bolenge.
Cette élection intervient dans le sillage du départ de Modeste Bahati Lukwebo, qui occupait jusque-là le poste de deuxième vice-président. Sa démission, actée le 21 mars lors d’une séance plénière, est intervenue alors qu’une pétition visant sa déchéance pour « incompétence » était en cours d’examen. La commission chargée du dossier avait finalement clos ses travaux après avoir pris acte de son retrait.
Avec l’arrivée de Norbert Basengezi Katintima, le Sénat ouvre un nouveau chapitre, marqué par la volonté de la majorité de resserrer ses rangs et de consolider son emprise sur les institutions. Derrière cette élection sans surprise se dessine ainsi une recomposition politique maîtrisée, où discipline partisane et stratégie institutionnelle ont dicté le tempo.
JK


